Une sensation incroyable m'a envahie ce matin. Dès mon réveil. Sensation infime mais suffisamment prégnante pour avoir le sentiment d'avoir été flouée toute ma vie ! Drôle de vachardise, vous de ne pensez pas ?!
Je ne sais si j'ai vu le jour sous les feux de Saturne, Vénus ou Jupiter mais je puis vous dire que ce n'est assurément pas sous les meilleurs auspices ! C'est fou parce que plus je prenais conscience de cet état de fait, plus le sentiment de trahison m'envahissait toute entière se transformant en une rage démoniaque.
Impossible que la vie puisse me jouer ce mauvais tour. Dopée par un formidable regain de vitalité, j'avais décidée de me battre pour obtenir ce que j'estimais mériter c'est-à-dire le meilleur !
Fini le temps où je purgeais ma peine portant le fardeau d'innombrables années de souffrances et d'humiliations. Fini le temps de la soumission et de l'abnégation. C'est vrai, la vie ne m'a pas épargnée. Elle m'a cabossée au sens littéral du terme tant et si bien qu'il m'a fallu porter une minerve pendant 10 longs mois. Mois durant lesquels mon horizon ne se résumait qu'à un plafond jauni et décrépi. J'ai bien cru ne jamais sortir de cet enfer.
Jusqu'à présent, ma vie n'a été qu'une ébauche. Je suis partie du mauvais pied et je n'ai jamais su ou pu rectifier le tir. Alors oui, j'ai vécu comme une statuette de marbre absorbant les coups, annihilant la douleur et les émotions devenues mes ennemies les plus chères. J'étais devenue faisandée de l'intérieur comme ces étals de viandes avariées au bord des routes de Bamako. Debout mais putréfiée.
Jusqu'alors, je n'avais eu aucun réflexe de révolte ni même d'orgueil. La vie déroulait comme une lame emportant tout sur son passage sauf que j'étais sur son passage. Oui, c'est ainsi qu'elle m'a flambée jusqu'à ce que je ne puisse plus me reconnaître. Je m'étais tant niée et reniée qu'un sursaut devenait inévitable, j'imagine. Quoique ... Je n'attendais tellement plus rien de la vie que les choses auraient pu continuer ainsi inexorablement sans que personne ne s'en plaigne, pas même moi.
Mais, Dieu m'a envoyée un signe et donnée une seconde chance et il ne me reste plus qu'à renaître de mes cendres.
Paris, le 29 Mai 2009
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Commentaires