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Le souvenir de mon enfance

Je me souviens de mon enfance. Je me rappelle avec émotion ces années passées à la Ferté sous Jouarre. 

 

Je suis dans le jardin de mes grands-parents, prête à en explorer tous les recoins. Je me tiens à côté de l’étang de mon oncle, Sylvain. Il a une passion pour la pêche. Je l’aime bien mon tonton. Il fait toujours le zouave avec son blouson en cuir et sa moto. J’aimerais bien me coller derrière lui et partir en virée sur les routes de notre belle campagne. Comme ce serait amusant ! En attendant, je creuse ma petite tête et j’espère trouver une idée de génie. Je voudrais tellement lui faire plaisir. Ah ! Je crois que j’ai trouvé ! Son étang ! Il est si souvent vide ! Le pauvre, je vois bien que ça le contrarie. Les carpes y sont si rares. Je vais rajouter quelques poissons d’ornement et le tour sera joué. Il n’y verra que du feu ! Et puis, mes amies les carpes s’ennuieront moins. Ah ! Mais, chut ! Le voilà qui s’approche. Ouh, la, la, à voir sa mine renfrognée, j’ai comme l’impression, que l’idée ne l’enchante guère ! A moins que ce ne soit les yuccas assemblés tout autour de l’étang ! Va savoir ! Moi, vous savez, je ne cherchais qu’à aider. C’est vrai, quoi, cette haie, elle aurait pu leur servir de couverture ! Ah mais, il en fait une tête ! Ben, je pensais bien faire, moi ! Je voulais juste lui apporter un peu d’amour et de réconfort à mon tonton. Il est si gentil avec moi. Il ne sait jamais quoi faire pour me faire plaisir. Mais bon, là, je crois que ça va barder pour mes fesses. Le ciel est d’un bleu redoutable et je serai bien idiote de ne pas poursuivre ma jolie promenade. Mieux vaut filer ! 

 

La campagne est belle. J’aime à y sentir le parfum des tilleuls verts à l’arrivée du printemps. Et puis, tous ces parterres de fleurs champêtres … Je cours dans les herbes folles et embrasse du regard toutes ces beautés. Je ne résiste pas à l’envie de me rouler dans l’herbe. Je fais corps avec la nature. Je termine ma course dans les champs de maïs et de coquelicots. Je me relève et remarque quelques taches sur mon nouveau pantalon gris. C’est maman qui ne va pas être contente. Je risque bien de me faire gronder. Oh ! Et puis, zut ! Je trouverai bien un petit mensonge ! Tiens, je vais lui cueillir une brassée de marguerites pour me faire pardonner. Elle sera rudement contente, ma maman ! Allez, courons lui faire la bonne surprise.

 

J’arrive dans l’atelier de maman. Je la vois. Telle un sphinx, elle pianote à toute allure sur son ordinateur. Elle travaille dur, ma maman. Toute fière, je lui tends mon bouquet de fleurs. Elle me sourit. Mais son sourire se fane aussitôt. D’un geste amical, elle me caresse la joue. Elle cherche à me rassurer, je le sens. Elle me soulève et me pose délicatement sur le canapé. Que se passe-t-il ? Une voix, lointaine, celle de ma mère sans doute, je ne me souviens plus très bien. Mais, j’entends encore ces funestes paroles : « Tu sais, ma chérie, c’est l’année de la France en Chine. Il faut que je parte dès demain pour mon travail. Il faudra que tu sois sage en mon absence. Je reviendrai très vite. Ne t’inquiète pas. ». 

 

Oui, je l’entends encore … Et pourtant … Je suis sage. Je t’attends. Je compte les jours, les semaines, les mois. Mais, tu ne reviens toujours pas. Chaque matin, je me réveille avec l’espoir fou que tu seras là. Ma déception, mon désarroi, mon chagrin, ma douleur deviennent plus forts de jour en jour. Ma campagne perd tout ses attraits. Les poissons, les champs de fleurs, les courses folles sont déjà le souvenir d’une autre vie. Je ne pense plus qu’à toi. Je t’attends. Je t’aime, maman. Tu me manques tant. Reviens-moi.

 

 

 

 

 

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