Par Vanessa
Après l’immense succès de son premier long-métrage « Se souvenir des belles choses », Zabou Breitman revient à la réalisation avec le comédien Bernard Campan, nominé aux Césars en 2003 pour son rôle magnifique d’amnésique.
Dans « L’homme de sa vie », Bernard Campan campe ici un quadragénaire bien établi confronté à la naissance d’une attirance homosexuelle.
Ce qui interpelle n’est pas tant le sujet mais la réalisation et la mise en scène de ce dernier récit. A trop vouloir en dire, Zabou Breitman écule les mêmes procédés jusqu’à l’écoeurement le plus profond. A l’image de Gus Van Sant dans « Elephant », Zabou Breitman filme « L’homme de sa vie » comme un tableau, une composition où les différentes prises de vue conduisent à une nouvelle interprétation de la scène. Sa réalisation en devient rapidement contemplative et s’apparente davantage à du théâtre filmé qu’à une œuvre cinématographique.
De sa réalisation nombriliste et démonstrative, il ne reste qu’un exercice de style bien vain et prétentieux où les effets visuels frisent l’overdose jusqu’à l’annihilation de toute émotion.
« L’homme de sa vie » est un étrange mélange de crudité, de trivialité et de poésie artificielle où les comédiens se débattent avec difficulté privant le spectateur de sentiments profonds mis à part celui d’un mortel ennui.
Préférons « Se souvenir des belles choses » et souhaitons à Zabou Breitman une meilleure inspiration.
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