Par Vanessa
Paris – le 14 Juillet 2006 – 15H20 – Quartier de la Bibliothèque François Mitterrand
S’appuyant sur les enregistrements des boîtes noires, les témoignages des familles et des proches des victimes ainsi que de tous ceux qui ont vécu de prés ou de loin les terribles événements du 11 Septembre 2001, le réalisateur, Paul Greengrass reconstitue en temps réel les péripéties du vol 93 sur lequel les passagers se sont unis pour sauver leurs vies et empêcher les terroristes de parvenir à leurs fins.
Dans « Vol 93 », on retrouve le même sens du réalisme que dans le magnifique « Bloody Sunday », primé au Festival de Berlin en 2002.
Caméra à l’épaule, Paul Greengrass réussit parfaitement à retransmettre l’horreur des situations, le sentiment d’incompréhension et d’incapacité à prendre de réelles décisions, dénonçant à demi-mot le rôle joué par les contrôleurs aériens, les militaires et le gouvernement. Reconstitution tendue et implacable, « Vol 93 » se situe entre le documentaire et la fiction. Réalisation hyper réaliste, accentuée par l’absence de stars (de nombreuses personnes, staff militaire, contrôleurs aériens jouent d’ailleurs leur propre rôle) et par un fourmillement de détails, Paul Greengrass filme sans détour les événements du 11 Septembre 2001, plongeant le spectateur au cœur du drame, le rendant acteur voire voyeur. L’intensité du drame est à son paroxysme durant les 30 dernières minutes du film où les passagers tentent l’impossible face à des terroristes déterminés dans leurs funestes desseins. Dépassés par cette tragédie, comme l’étaient tous les protagonistes de l’époque, on assiste impuissant à l’inévitable et fatale issue.
Mis à part, me semble-t-il, un rééquilibrage nécessaire dans le scénario, trop de scènes se passent dans les différentes tours de contrôle, pas suffisamment dans l’avion ou bien au pied des tours avec la réaction des journalistes, un sentiment prédomine dépassant l’objectivité cinématographique. Ce qui me dérange et me met mal à l’aise, c’est la version de Paul Greengrass et de ce fait la prise de position qu’il tient dans ce « Vol 93 ».
En nous livrant la version officielle des faits, il atteste de cette dernière alors que l’on sait que les polémiques ne cessent de gronder 5 ans après ce drame. Alors, on finit par se demander quel est son véritable discours et quel est le message qu’il veut bien nous délivrer sous couvert d’un hommage à toutes ces victimes. Dérangeant, troublant sont les sentiments qu’il me reste à la sortie de ce film qui ne peut vous laisser de marbre tant l’impact de ce drame a été bouleversant et tant les réponses à nos questions restent troubles …
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog