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Walk the line

Paris – le 3 Mars 2006 – 21H25 – Quartier de Montparnasse
 
Difficile de passer quelques mois seulement après la sortie du fabuleux « Ray » tant la comparaison entre les deux films semble inévitable. Et c’est malheureusement à la défaveur de « Walk the line ».
 
J’ai tout d’abord été frappée par la trame quasi similaire des deux scénarii : premières années de sa vie marquées par un traumatisme de l’enfance avec la mort de son frère infléchissant sa destinée et le désamour d’un père qui façonnera indéniablement la personnalité de Johnny Cash. Premiers succès et émergence de la future légende, tournées de la star à travers les Etats-Unis, amours malheureuses, descente aux enfers avec prise de substances illicites, démêlés judiciaires pour terminer par un happy end où notre héros trouvera l’amour salvateur.
 
Mais là encore, on est loin de l’excellence dramatique de « Ray » et de l’habile savoir-faire d’un Taylor Hackford. Il faut bien l’avouer, James Mangold, le réalisateur de « Walk the Line », est passé à côté de son héros. Star de la country music, Johnny Cash est mondialement connu et reconnu. Véritable légende aux Etats-Unis, ses fans en ont fait un dieu vivant. Pourtant, à aucun moment, James Mangold ne nous fait toucher du doigt la démesure du personnage. Il se contente de s’attarder sur l’histoire d’amour du chanteur, certes touchante, mais quelque peu limitative au regard d’une destinée telle qu’a été la sienne.
 
Alors, il est vrai que la grande force de « Walk the line » réside dans cet amour obstiné et extraordinaire de Johnny Cash pour June Carter. Cet amour pour la chanteuse est d’une force incroyable et nous touche tout particulièrement. L’identification fonctionne parfaitement et le spectateur s’attache, prenant très souvent fait et cause pour cet amour forcené, plus fort que tout, plus fort que la vie. Qui ne rêverait pas d’un amour transcendant ? Johnny Cash trouvera en June Carter, son alter ego et verra en cette femme la seule qui pourra le sauver de ses démons intérieurs. Après une dizaine de demande en mariage, la chanteuse cédera à l’amour dévorant du chanteur. De ce mariage naîtra la rédemption. Johnny Cash arrêtera la drogue et donnera son fameux concert à la prison de Folsom devant une foule de détenus en délire (une des meilleures scènes du film). N’est-ce pas magnifique ?
 
Malgré les nombreuses ellipses et un grossier diagnostic psychologique, le charisme de Reese Witherspoon, les séquences musicales très entraînantes et la puissance de cet amour valent toutefois le détour.
 
Paris, le 4 Mai 2006
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