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The Wild City





 

 


Femmes de Johannesburg et d'ailleurs, écoutez-moi ! Moi Zenzi, je revendique ce mur comme mon seul espace de liberté. Ce mur est ma voix. Il est ce que je suis, ce que je ressens. Où pensez-vous pouvoir vous exprimer ? Dans votre village ? Au sein de votre famille ? Dans votre foyer ? Non ! Nulle part. Partout, les hommes chercheront à vous museler et croyez-moi, ils y parviendront. D'une façon ou d'une autre, ils sauront vous faire taire, quitte à ce que vous en payiez le prix de votre vie. Dans nos sociétés machistes, votre voix ne compte pas. Elle est étouffée. Personne ne l'entend. Aucun contre-pouvoir possible. L'homme est omniprésent. Il rôde et fait de vous son ombre.


La fin de l'apartheid n'a pas mis fin à l'oppression des femmes, ne l'oublions pas ! Pauvre parmi les pauvres, j'ai vécu dans le quartier de Yeoville. J'ai grandi dans les pires taudis qui soient. Frères et sœurs étions entassés les uns sur les autres, à la merci d'une énième expulsion. Il est vrai, je n'ai pas eu la chance de connaître les bancs de la prestigieuse université du Witwatersrand et alors ! Que je parle le nguni, le sotho, l'anglais ou l'afrikaans, ma voix ne s'éteindra jamais. Je veux que l'Afrique du Sud et le monde entier entendent mon cri. Cette voix qui n'en peut plus de se taire. Ma voix qui se meurt un peu plus chaque jour que Dieu fait. The Wild City comme on aime à appeler ici Johannesburg ne me fait pas peur. Quel est donc le risque que j'encours ? N'ai-je pas déjà connu l'horreur dans ce pays où les pauvres et les femmes ne représentent rien ? Pourtant, je sais ce que je vaux. Je ne vaux pas moins qu'eux. Alors, pourquoi cette vie de chien ? Qu'ai-je donc fait pour mériter un tel destin ? Non, la vie que je mène n'est pas une fatalité ! Je suis aussi capable que vous tous. Alors, vous allez m'écouter maintenant. Ces mots gravés dans la pierre de ce mur sont autant de symboles pour le prix de ma liberté. Oui, je suis pauvre. Oui, je suis noire. Oui, je suis une femme. Et après ? Qu'allez-vous me faire ? N'ai-je pas suffisamment expié pour mériter ma liberté ? Savez-vous combien de femmes sont tombées au pied de ce mur ? Aujourd'hui, le sang n'a que trop coulé. Mais, je veux bien être la dernière victime si tel est le prix de notre liberté à toutes !


Paris, le 14 Octobre 2008

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S
Un texte engagé. Un très bon texte !
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V
<br /> <br /> Merci, ma chère Sam. Je suis contente que tu aies apprécié.<br /> <br /> <br /> <br />
M
Quel lourd débat qui hélas durera tant que l'homme existera.........................A vous les femmes , ne tolérez jamais la violence et la soumission ..........fuyez les traditions les religions esclavagistes , les hommes à pulsions à possessions  et mille fois la rebellion que l'abnégation.........courage....Mimi
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V
<br /> <br /> Oui, Mimi. Je suis mille fois d'accord avec toi. Il faut fuir tout ce qui peut ressembler à l'asservissement et je dirai même se battre contre toutes les<br /> origines de cet asservissement. Maintenant, croire, espérer, compter sur l'amour et le soutien de son entourage est aussi nécessaire et la complexité dans ce monde réside dans le fait de bien<br /> distinguer ce qui nous asservit de qui est nécessaire à notre vie.<br /> <br /> <br /> <br />
C
Ton écriture "coup de poing  pour mal d'amour"  convient parfaitement  à défendre  la cause des femmes de johannesburg et d'ailleurs ! Quelle  puissance  , quelle force , quelle détermination  dans ce  juste et émouvant cri de vie  !amicalement chrystelyne
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V
<br /> <br /> Oui, j'ai essayé de me mettre dans la peau de cette jeune femme en allant droit au but et en utiliant un ton plus nerveux et plus incisif.<br /> <br /> Je suis contente que tu aies ressenti cela et que tu aies apprécié.<br /> <br /> Amicalement à toi, Chrytelyne.<br /> <br /> <br /> <br />