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Hélène














Rejetée dès son adolescence par une mère au cœur dur, à l’esprit embrumé par les vapeurs de l’alcool, Bérénice a grandi seule. Fleur sauvage aux pétales fragiles, elle a fait de son mieux pour ne pas tomber dans les mêmes dérives maternelles. Assoiffée d’amour et de reconnaissance, elle s’est engouffrée aux creux des premiers bras qui ont bien voulu s’ouvrir à elle. C’est ainsi qu’adolescente, elle ne s’est pas méfiée de ces jeunes hommes attirés par sa fraîcheur et sa spontanéité.

Aveuglée par son désir d’être aimée, elle s’est jetée à corps perdu dans des amours impossibles multipliant les amants comme on consommerait des bonbons. Abusée par ses sentiments, elle n’a pas vu le danger venir. Alors oui, ces amants de passage n’ont été que de pâles copies de l’amour. Bérénice ne sait rien de l’amour.

 

Après une longue année d’une liaison houleuse, Bérénice n’est plus que l’ombre d’elle-même. Pour cet homme, elle a tout accepté. Aussi bien les soirées quotidiennes entre amis à boire bières sur bières que les incartades de Paul ou bien encore les soirées seules à attendre que ce dernier lui accorde un coup de fil et un éventuel rendez-vous. A la fin de cette effroyable dépendance, Bérénice ne se respectait plus. Elle lui avait tout donné, sa jeunesse, son enthousiasme, ses rêves et son amour débordant voire étouffant.

 

Alors oui, elle était devenue une épave. Et c’est ainsi que George l’a rattrapé à bout de bras avant qu’elle ne sombre définitivement dans la folie. George ne ressemble pas à Paul. Il est même tout le contraire. Attentif et prévenant, il guette les moindres gestes de Bérénice devançant ses désirs les plus enfouis. Il sait déceler la véritable Bérénice. Il l’aime. Oh oui ! Dieu qu’il l’aime ! Dès le premier jour, il a fait de sa vie la sienne, lui offrant tout, sa vie et son amour. Tout, tout de suite … débordant de vie et d’envies. Bien sûr, il a capté les fêlures de Bérénice. Il la sait vulnérable mais il croit en elle et en leur amour bien que celle-ci ne l’encourageât guère. Bérénice n’est pas là. Bérénice est ailleurs. Elle se laisse aller à écouter la douce mélodie amoureuse que lui chante George chaque jour mais les mots n’atteignent pas son cœur meurtri. George a beau multiplié les attentions, Bérénice reste imperturbablement hermétique à son amour. George se languissait de Bérénice et Bérénice dépérissait dans l’attente d’un mot, d’un geste de sa mère.

 

Mais contre toute attente, Bérénice n’eut pas à attendre bien longtemps. C’est sous les traits d’Hélène, la mère de George que la douce Bérénice reçut les plus tendres marques d’affection. Entre les deux femmes, l’attachement et l’estime avaient été immédiats. Elles aimaient à se retirer dans le coin d’une pièce, à l’écart du bruit ambiant des réunions familiales pour discuter de tout et de rien, se racontant leurs envies, leurs projets et parfois leurs déceptions. Elles avaient le même langage et savaient se réconforter l’une l’autre. Mais le secret d’Hélène était son amour sincère et véritable pour Bérénice qu’elle considérait comme sa propre fille. Elle agissait envers elle comme faisant partie intégrante de sa propre famille. Elle prodiguait autant de soins et d’attentions à Bérénice qu’à sa fille, Angèle. Hélène était présente pour ses enfants comme elle l’était avec Bérénice. Elle était une mère aimante et bienveillante. Et c’était bien là le plus beau cadeau qu’elle pouvait offrir à Bérénice. De cette rencontre naquit une nouvelle Bérénice, plus épanouie, plus assurée et plus encline à s’ouvrir aux autres. Oui, grâce à l’amour et à la confiance de cette nouvelle mère, Bérénice se sentait prête à vivre et à aimer.

Paris, le 7 Octobre 2008


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S
J'ai cru que c'était un synopsis de livre ou de film. Eh non. Tu pourrais écrire tout un roman avec une histoire pareille. Y a matière à ...
Répondre
V
<br /> <br /> C'est curieux, tu es la troisième personne à me faire cette remarque. En l'écrivant, je n'ai pas eu ce sentiment même si je sentais que je pouvais développer<br /> davantage le sujet. En tous les cas, voici un message plus qu'encourageant. Merci, Sam !<br /> <br /> <br /> <br />