Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Gaston











Cher Gaston,

 

Voilà bientôt dix ans que nous vivons ensemble, dix années durant lesquelles je t’ai aimé, choyé afin que tu ne manques de rien. Je t’ai amoureusement concocté les meilleurs mets pour que tes papilles gourmandes ne s’égarent pas dans d’autres gamelles mieux garnies que la tienne. Je t’ai soigné autant que j’ai pu pour que tu ressembles au jeune homme que j’ai connu, au temps jadis où tu me lançais tes œillades vert d’eau qui me faisait glisser dans la béatitude et le gâtisme le plus entier.

 

De Malte à Casablanca, de Nairobi à New Dehli en passant par New York et Mexico, tu as parcouru le monde entier à mes côtés sans que je ne te réclame la moindre participation financière. Je t’ai couvert de présents et de bien d’autres choses encore. Et quoi ? Pas une once de reconnaissance ! Pas un geste tendre. Pire ! Dès que je tends mes mains vers toi, tu montres tes griffes et feules tel un félin prêt à fondre sur sa proie. Mais, dis-moi, qui suis-je pour toi ? Est-ce que je représente si peu à tes yeux ? Ne suis-je donc qu’un garde-manger avenant ? Dis-moi que je me trompe, Gaston ? Dis-le moi ! Regarde-moi ! Arrête de faire l’enfant ! Non, Gaston. L’heure n’est plus au jeu. Lâche cette balle. Non, je ne te la lancerai pas. Pas cette fois. Non. Il faut vraiment qu’on parle.

 

N’as-tu donc jamais pensé à moi ? A ce que je peux ressentir lorsque tu te détournes de moi ? N’as-tu jamais imaginé la peine que tu me fais lorsqu’à nos roucoulades tu préfères tes jeux de chasse ? Ne crois-tu pas que j’ai moi aussi besoin de tes attentions et de tes caresses ? Non, je ne suis pas de bois mais bien faite de chair et de sang. Oui, j’ai besoin de ton affection et de ton amour pour me sentir vivante ! Gaston, je ne peux plus continuer ainsi. J’ai besoin de toi mais pas comme ça. Alors, voilà.

Voilà bientôt dix ans que je t’ai sorti du ruisseau et si tu ne veux pas retrouver le chenil d’où je t’ai sorti, n’oublie pas de penser un peu plus à moi. Compris, Gaston !?

 

Ta maîtresse qui t’aime tant.

Paris, le 6 Octobre 2008


Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
Quelle chute. j'ai adoré ce texte !
Répondre
V
<br /> <br /> Super ! Je suis contente que Gaston et mon héroïne t'aient fait autant marré !<br /> <br /> <br /> <br />
X
dis il a une bonne tête ce Gaston....C'est sans doute un Lagaffe lui aussi.............
Répondre
V
<br /> <br /> Je suis bien d'accord avec toi, Xavier ! Il est vraiment trognon !<br /> <br /> <br /> <br />
M
Je ris et j'applaudis car ils sont tous les mêmes.......ce portrait ,cettte déclaration d'amour qui nous semble à sens unique révèle notre besoin absolu de recevoir de façon plausible et visible.........Tu soulèves la question du dialogue entre espèces aux langages et émotions différents .........mais capte bien le regard  de Gaston et tu y liras certes en furtif toute la sincérité ..........peut-être du ventre du logis de tes calins mais aucune inimitié humaine....................Hier j'ai écouté B.H.L exprimer son désintéressement envers les animaux.......ces inférieurs , et bien je le trouve fat , il perd un beau moment de cette vie..........Les coups de griffes de ton Gaston ou l'impression de t'ignorer comme ma Missy qui aprés deux baisers t'arrache la joue , signifie l'appartenance , nous sommes à eux ...........et ma foi pourquoi s'en plaindre ..................j'aime les chats pour leur côté anar ......et pour lui écrire une telle lettre tu dois bien l'aimer.............je pose mes deux pattes de velours sur tes épaules et je t'embrasse.............Miaoumi...
Répondre
V
<br /> <br /> C'est une très belle réponse, mon Mimi et après avoir écrit cette ôde à ce petit Gastounet, je ne peux qu'abonder dans ton sens. Il n'y a pas plus sensuel,<br /> instinctif et libertaire qu'un chat. Déjà dans d'autres cultures, egyptiennes par exemple mais pas seulement, les chats étaient considérés comme les gardiens des âmes. C'est qu'il y a bien plus<br /> que de l'animalité en ces êtres si doux, si intelligents et si indépendants à la fois. Enfin que BHL raconte n'importe quoi, rien d'étonnant. Je l'ai, moi aussi, entendu.<br /> <br /> <br /> <br />