
Ma terre,
Mon sang,
Je pose le pied sur ton sol
Je retiens mes larmes
Tes odeurs m’emplissent
Les narines avec bonheur
Ta moiteur transperce
Avec délectation
Mon corps en manque de toi
Depuis tant d’années
Je te respire
Je te sens
Et tout me revient en mémoire
Ma vie était ici
Arrachée à toi
Violemment
Cruellement
Je m’en suis allée brisée
Vers d’autres contrées
Orpheline, amputée de ta sève nourricière,
Il m’a bien fallu
Réapprendre à vivre
Sans toi
La vie a repris ses droits petit à petit
Mais ce goût âpre
Cette profonde sensation de déracinement
M’est restée jusqu’à ce jour
Où je te retrouve enfin
Pour renaître de mes cendres
Paris, le 30 Janvier 2006