Par Vanessa

J’hésite. Me manifester ? Rester dans l’ombre ? Je ne sais pas. Je n’ai pas pour habitude d’aborder des inconnus.
Pourtant, ... J’ai le sentiment, la certitude devrais-je dire, de connaître ce visage. Ce visage m’obsède. Impossible de m’en détourner. Impossible de l’oublier. J’y repense encore et encore.
Je me souviens et je te revois marcher le long des devantures, essayant maladroitement de te fondre dans la foule. Je t’ai repéré. Mes yeux s’attachent aux tiens, comme à une bouée de secours. Je ne te perdrais plus du regard. Ce beau regard grave … Il est devenu ma vie. Ma raison de vivre. J’ai osé planter mes yeux dans les tiens. Oui, j’ai osé ! Et je bénis le ciel d’avoir eu cette audace.
Hypnotisée par tant de puissance, je n’aspire plus qu’à m’y noyer. J’y ai lu une telle douleur …, une douleur secrète. Ennui ? Désarroi ? Urgence ? Je ne sais. Mais, je me souviens encore. Ton doux visage désappointé s’est tourné vers moi. Un appel à l’aide ? Un appel à l’amour ? Tu avais l’air perdu. Ce n’est pas grave. Ce n’est plus grave. Je t’ai vu. Je t’ai regardé. Je t’ai trouvé. Je me suis trouvée.
Tu t’es arrêté. Face à moi, je te contemple dans tout ton mystère. Tes lèvres semblent me sourire ... d’un sourire timide. Ta tristesse est grande. Ta pudeur est palpable. Cette maladresse me touche, te rendant plus aimable encore. Tu as fait un pas vers moi, ou du moins je l’ai cru …
Je n’ai pas réfléchi. La misère de ce monde est bien celle de ne pas aimer. D’un pas décidé, j’ai traversé la rue. Mon bonheur se rapprochait de pas en pas. Je le sentais bien. Je ne tarderai plus à le toucher du bout des doigts. Le cœur palpitant, je me rapprochais indubitablement de toi. Notre chance ne nous échapperait plus.
Seuls, face à face, nous ne nous dissimulions plus. Nous n’étions plus deux étrangers. Notre rencontre devenait évidence. Au nom de l’amour, j’ai apposé mes lèvres sur les tiennes, scellant notre amour naissant. Notre vie pouvait commencer.
Paris, le 2 Novembre 2005
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