Par Vanessa

La rage me défigure et je te frappe. Oui, je te frappe. De toutes mes forces. Tu vas te taire. Je te jure que tu vas te taire ! J’en ai trop entendu. Je ne me contrôle plus. Pas envie. Tout se déchaîne et s’accélère. Je redouble de hargne et de fureur. Les coups pleuvent. Le sang gicle tout autour de moi. La colère m’aveugle. Je te maudis. Plus rien ne peut m’arrêter. Tes cris, je ne les entends pas. Ras le bol ! Fini ! Je ne peux plus continuer. Vois, je me suis étiolée. Regarde-moi, je suis fanée. Tu as volé ma jeunesse. Mais regarde-moi ! Entends-tu mes cris étouffés ? Je n’en peux plus. Il faut que ça cesse ! C’est décidé, ça va cesser. Je reviens à la charge. Et je te cogne la tête contre le mur. Maintenant, tu es à mes pieds. Ton sang coule entre mes orteils. Je baisse la tête, te regarde de plus près. Tu ne ressembles plus à rien. Tu n’es que bouillie. Une bouillie infâme. Un vrai carnage. Je me sens vivre !
Je ne regrette rien. Pourtant, aujourd’hui, je suis là, devant cette porte. Cette lourde porte … Elle va bientôt se refermer sur moi jusqu’à mon dernier souffle. Je le sais. Les jurés n’ont pas été cléments. Il faut dire que je n’ai pas été très tendre. L’avocat général a demandé la peine capitale. Si cela lui chante … !!! Je n’ai plus rien à perdre. Tu n’es plus là. Alors qu’importe de vivre aujourd’hui ? J’expire enfin …
Cette porte va me condamner. Je ne pourrais plus me retourner. Je ne tremble pas. Je ne tremble plus. Je vais te rejoindre bientôt. Je serai là. Près de toi. Pour toujours. La mort nous va si bien, mon amour.
Paris, le 19 Octobre 2005
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