Par Vanessa

Paris – le 18 Décembre 2009 – 21H – Théâtre Hébertot
A 84 ans, et plus de 60 ans de carrière, Robert Hirsch a tout joué, tout essayé, des classiques avec la troupe de la Comédie-Française au théâtre d'avant-garde. Sociétaire honoraire de la Comédie Française, on le retrouve, dans « La Serva amorosa » de Carlo Goldoni, en délicieux vieillard, amoureux, gâteux, rusé et rebelle, s'amusant comme un gosse, notamment lors d'une partie de cartes époustouflante.
Monstre sacré des planches, il se démène pourtant comme un débutant, piaffe, piétine, animé par une énergie inépuisable, pour défendre le magnifique texte de Carlo Goldoni, grand dramaturge italien, souvent comparé à Molière. Les mimiques de Robert Hirsch, sa gestuelle d'une justesse parfaite, appuyées mais jamais excessives, sont un régal pour les spectateurs.
A ses côtés, Claire Nadeau, actrice comique habituée des séries télévisées et Clémentine Célarié, comédienne qui a fait ses preuves au théâtre dans des pièces de boulevard. Ce n’est rien de dire que ce trio, si talentueux qu’il soit, paraît hautement improbable. Soyons clairs, les comédiennes mais également l’ensemble de la troupe, peinent à exister face à l'imposante présence de Robert Hirsch.
Claire Nadeau, quelque peu effacée, dans le premier tiers de la pièce, se révèle timidement femme de tête, tyrannique et opportuniste au fil des actes. Quant à Clémentine Célarié, elle est loin de donner le maximum d’elle-même dans un rôle qui méritait une actrice 20 ans plus jeune qui sache jouer de sa verve et de ses charmes.
Toutefois, aux détours des seconds rôles, de bonnes surprises avec notamment les interprétations de Manuel Durand en Lélio hilarant ou bien encore de Guilhem Pellerin en Pantalon et de Denis Berner en Arlequin.
Déconvenues par contre pour les interprétations bien insipides de Benjamin Boyer en Florindo et d’Emilie Chesnais en Rosaura aussi falots l’un que l’autre.
Mais heureusement, il y a Robert Hirsch, cet homme qui a voué sa vie entière au théâtre dont il est l’un des plus dignes serviteurs encore vivants. Dommage que son rôle ne le tienne pas sur scène tout au long de la pièce, c’est lui que l’on vient voir, écouter et applaudir (les applaudissements parlent d'eux-mêmes). Sa truculence fait mouche à tous les coups et on en sort conquis.
Paris, le 24 Décembre 2009
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