Par Vanessa
Le titre « A la recherche de Joséphine » est un brin trompeur. A trop vouloir parler de tout, Jérôme Savary perd le fil de son histoire et traite pêle-mêle une foultitude de thèmes qui courent de l’origine du jazz à la Revue Nègre. Esclavage, racisme, lutte des classes, tout y passe pour expliquer l’inspiration même de cette Revue Nègre, à savoir une troupe de jazzmen et danseurs noirs américains révolutionnant l’univers musical voire culturel de la France au milieu des années 20. Un embrouillamini narratif et graphique qui fait écho au cadre dans lequel Savary enracine son histoire : une Nouvelle-Orléans dévastée par l’ouragan Katrina, laminée par l’amertume et le désespoir. De quoi pas mal désorienter le spectateur.
Trop de fils narratifs, trop de chanteurs, danseurs et comédiens qui se croisent sans qu’il y ait la moindre unité. Dommage que Joséphine Baker serve uniquement de prétexte à ce fatras cacophonique sous lequel Savary finit par noyer son malheureux spectateur. Cent fois dommage car le spectacle aurait, à mon sens, mieux fait de se concentrer sur la vie de Joséphine Baker et de ses revues. C’est d’ailleurs dans cette dernière partie où les tableaux sont les plus réussis. Nicolle Rochelle incarnant Joséphine Baker, est plus vraie que nature. Gouailleuse sans en faire trop, elle est Joséphine Baker qui se trémousse sertie de sa ceinture de bananes ! C’est extraordinaire !
Malheureusement, ce dernier volet vient bien trop tardivement et donne un sentiment d’inachevé à la mise en scène peut-être trop personnelle de Jérôme Savary.
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