Paris – le 10 Février 2006 – 19H20 – Quartier du Châtelet
Avec « Jarhead, la fin de l’innocence », Sam Mendes adapte le récit d’un ancien Marine, Anthony Swofford. Il y relate son expérience de la guerre du Golfe. Ici, tout est question de drame humain sur fond d’une guerre irréelle et absurde face à un ennemi invisible. Peur, attente, ennui, frustration, tensions et épuisement seront le lot quotidien de ces Marines, pions parmi les pions dans cette guerre vaine et débilitante.
Sam Mendes fait un portrait hyper réaliste de ces Marines qui veulent en découdre et « tuer de l’irakien ». Il les filme dans toute leur intimité avec leurs doutes, leurs espoirs, luttant contre la folie qui s’emparent d’eux insidieusement.
Sam Mendes fait de cette guerre du Golfe un saisissant contraste entre une entrée en matière où les Marines sont éduqués à la dure, façon « The Full Metal Jacket » et une deuxième partie où le désarroi, la désillusion et le désoeuvrement s’emparent de ces soldats totalement déstabilisés par l’inaction et l’absurdité de ce conflit.
Jake Gyllenhaal crève l’écran et nous offre une extraordinaire prestation empreinte de sensibilité et de profondeur. Charismatique au possible, il se dégage de cet immense acteur une force animale et sensuelle qui vous électrifie à chaque plan.
Moins qu’une guerre, c’est davantage une introspection psychologique que nous dresse Sam Mendes dans ce fabuleux « Jarhead, la fin de l’innocence », où il pointe l’incongruité d’une guerre dans l’attente d’une guerre qui ne viendra jamais …
Incontestable tragédie humaine, Sam Mendes dénonce et s’engage une nouvelle fois en nous livrant son approche de la guerre du Golfe en terminant sur une vision apocalyptique lorsqu’en plein désert les puits de pétrole s’enflamment, comme un symbole prémonitoire d’une fin du monde …
Paris, le 19 Juillet 2006