Paris – le 2 Juillet 2006 – 19H15 – Quartier de l’Opéra
Six ans que Sofia Coppola porte ce projet à bout de bras ! Déroutée par l’ampleur du projet, elle a dû placer son film entre parenthèses, préférant mettre un autre film en chantier « Lost in translation » pour mieux revenir à l’héroïne qui la hante depuis tant d’années : Marie-Antoinette. Ce douloureux accouchement se retranscrit malheureusement à l’écran où Sofia Coppola ne parvient ni à trouver sa place ni même le ton : faire de « Marie-Antoinette » un film purement historique ou un film pop rock, complètement décalé comme le promettait la bande-annonce.
De ces deux options, elle n’en choisira aucune, restant en permanence hésitante quant à l’approche de son intrigue et de son héroïne.
Pourtant, « Marie-Antoinette » tient ses promesses durant les 30 premières minutes du film dénonçant les protocoles rigides de la Cour où tout est soit codifié soit hostile. Le ton est drôle, enlevé et par endroit insolent.
Et puis, le film s’épuise : les scènes se succèdent les unes après les autres en délaissant l’évolution des personnages tant est si bien que le séquences finissent toutes par se ressembler créant ainsi un effet d’overdose pour le spectateur.
En négligeant la part historique, elle fait de « Marie-Antoinette » un film superficiel où tout tourne à vide. Le spectateur, à l’image de Marie-Antoinette s’ennuie profondément attendant vainement de se mettre quelque chose sous la dent.
Certes, l’esthétisme du film est assez ahurissant avec une débauche étourdissante de couleurs, de costumes et de décors. Versailles y est d’ailleurs magnifiquement filmé même si curieusement on y parle anglais ! Et Kirsten Dunst que l’on retrouve après une première collaboration avec la réalisatrice dans « Virgin Suicides », illumine le film de par sa grâce naturelle et enfantine.
Mais, on sent que Sofia Coppola ne sait pas quoi faire de son film et de son héroïne. Après de longues séquences mortifiantes, elle accélère son film d’ellipses pour le terminer en eau de boudin, sans qu’on ait pu entr’apercevoir les intrigues et les intérêts historiques de l’époque. Certes, ce n’était pas le propos de la réalisatrice mais là c’est tout de même un peu too much ! Marie-Antoinette, c’est tout de même autre chose qu’un défilé de robes, de chaussures, de macarons et d’amants, me semble-t-il ! Mieux vaut connaître l’histoire de France avant d’aller voir ce film dépourvu de sens historique.
Filmer l’ennui et la vie futile et ratée de Marie-Antoinette pouvait être un point de départ intéressant mais de là à en faire un film, non ! Un meilleur rééquilibrage du film, moins centré sur son personnage principal, aurait sans doute permis une réalisation et un scénario plus efficaces et intéressants pour le spectateur. A filmer l’ennui et l’oisiveté de Marie-Antoinette, Sofia Coppola perd ses spectateurs et les confinent à l’endormissement. Dommage, vraiment dommage … Grosses déception et frustration.
Paris, le 17 Juillet 2006