Par Vanessa

Paris – le 11 Juillet 2006 – 16H – Quartier de Saint-Lazare
Florence Moncorgé-Gabin ancre son premier long-métrage, « Le Passager de l’été », dans la belle région du Cotentin et nous livre une tranche de vie du début des années 50.
Au vu de la bande-annonce, je m’attendais à ce que le commis de la ferme joué par Gregori Derangère soit un rouage essentiel dans le destin tragique de ces trois femmes mais j’avoue que la réalisation et le scénario bien trop classiques ne permettent pas de donner de l’ampleur à cette intrigue qui traîne en longueur.
Dans les faits, ce dernier bouleverse le destin de la patronne, Monique, et de sa fille, Jeanne mais j’attendais de la réalisatrice qu’elle complexifie davantage ses personnages et les situations afin que le spectateur n’ait pas le sentiment d’une démonstration purement théorique. Chambouler le destin de ces deux femmes malgré lui, en toute passivité rend difficilement crédible l’histoire. Personnage tout d’abord intriguant, mystérieux, il aurait pu donner une toute autre dimension à ce scénario trop frileux. Le spectateur peine à comprendre les motivations de ce commis saisonnier employé à la ferme de Monique. A la question de Jeanne interprétée par Laura Smet : « Pourquoi avez-vous fait ça ? », ce dernier répond : « Parce que j’en avais envie. ». C’est un peu mince, tout de même ! Et de ce manque d’étoffe, la spectatrice que je suis est restée sur sa fin.
Certes, Florence Moncorgé-Gabin prend le temps de camper ses personnages et les débuts de cette intrigue sont plutôt prometteurs ; d’autant plus qu’une fois de plus Catherine Frot joue remarquablement et que le jeu de Gregori Derangère est empreint de beaucoup de naturel. Mais, « Le Passager de l’été » reste sans surprise et fait penser à bien d’autres longs-métrages, notamment « L’Equipier ».
Alors, je préfère me dire que Florence Moncorgé-Gabin a voulu rendre une sorte d’hommage à son père Jean Gabin, amoureux de la terre et à ses racines ouvrières. J’ai la sensation qu’on y retrouve tout le respect et l’amour que devait portait Jean Gabin à cette vie terrienne qu’il affectionnait tant, à l’abri des sunlights. En cela, sa fille réussit magnifiquement à retranscrire la beauté de cette campagne normande et la vie dure et laborieuse ainsi que le courage de ces hommes et femmes de caractère tels qu’ils devaient être dans ces années-là.
Par contre, toutes les scènes d’amour manquent cruellement de passion et de sensualité. Dommage … Et puis, l’introduction et la conclusion du film, encadrées par la participation de Samuel Lebihan relèvent davantage d’une ficelle narrative peu originale, inintéressante, reflet d’une certaine facilité dont Florence Moncorgé-Gabin aurait pu se passer.
Bref, malgré un manque de consistance scénaristique, on peut tout de même dire un grand MERCI à Catherine Frot qui donne vie et épaisseur à chacun de ses personnages et fait de cette première réalisation un moment tout de même agréable à regarder.
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