Par Vanessa
Paris - le 17 Mai 2009 - 12H50 - Quartier de l'Opéra
Après le triomphe public et critique de « Se souvenir des belles choses » et le très décevant « L'Homme de sa vie », Zabou Breitman adapte, pour son troisième long-métrage, Je l'aimais, best-seller d'Anna Galvada.
On peut dire que Zabou Breitman aime prendre des risques et nous faire peur. Après une scène d'exposition qui traîne inutilement en longueur, « Je l'aimais » commence véritablement à la lumière de Pierre et Mathilde, magistralement incarnés par les éblouissants, Daniel Auteuil et Marie-Josée Croze.
Au travers de cette histoire d'amour tragico-romantique terrible et cruelle, on retrouve quelque chose d'Ugolin de Jean de Florette et de Manon des sources dans le personnage de Pierre et cette façon irrationnelle qu'il a de tomber en amour pour Mathilde, silhouette lumineuse et ultra féminine qui lui restera inaccessible jusqu'à la fin de sa vie. Daniel Auteuil est confondant d'émotions et bouleverse nos sentiments d'empathie et de raison.
Ce couple nous offre des scènes d'une grande sensualité dans un Hong-Kong dépaysant, accompagné par une bande originale qui transcende le propos.
Malheureusement, Zabou Breitman a tendance à se perdre en voulant à tout prix faire un pont entre le présent et l'avenir en reliant l'histoire de la belle-fille de Pierre et son histoire d'amour passée. Mais, le trait se révèle être grossier et plombe le traitement narratif du film entre les mains duquel nous aimerions tant nous abandonner. Du coup, la frustration n'est jamais bien loin. Dommage que la réalisatrice n'est pas consentie à braquer sa caméra sur la beauté tragico-romantique de l'histoire d'amour de Pierre et Mathilde.
Paris, le 22 Mai 2009
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