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Alejandro



Il s'était planté au centre de la cour. Il était seul dans cette cour grise, trop petite pour lui. Les murs l'empêchaient de projeter son regard au loin. L'horizon n'existait plus.

 

Il marchait de long en large lorsque soudain, l'espace se remplit de voix. Les voix, aux tonalités variées, discutaient, riaient, murmuraient. Le volume allait croissant mais les voix étaient toujours aussi claires et distinctes. Si nettes qu'Alejandro de la Guardia avait distingué sa propre voix. Une voix nettement reconnaissable, rieuse et audible, celle de son enfance. La voix de l'insouciance et de l'innocence mais une voix terriblement angoissante tant elle demeurait impalpable. Une voix effrayante parce que tout en étant certain qu'elle fut la sienne, il savait bien qu'elle ne l'était pas. Elle l'attirait. Cette voix l'attirait vers un secret qui ne lui appartenait pas. Elle le menaçait si dangereusement qu'il aurait voulu n'en rien savoir.

 

Et pourtant, les sons et les murmures envahissaient la totalité de son crâne. Alejandro de la Guardia avait beau lutter, il ne pouvait échapper à cet envahissement. Cette intrusion qui devenait de plus en plus insupportable. Il voulait à tout prix faire disparaître ces pensées lancinantes qui semblaient ne vouloir lui laisser aucun répit. Il rusa, biaisa, tentant sans relâche d'éluder les sentiments que de telles pensées faisait naître en lui mais sans succès. Elles le traquaient dans les moindres replis de son âme et Alejandro de la Guardia n'aimait pas ça du tout.

 

Jusqu'à présent, il était parvenu à les éviter. L'introspection n'avait jamais été son fort. Il avait toujours su faire sans. Mais, peut-être était-ce là que résidait son talon d'Achille ? A trop vouloir fuir, il s'était retrouvé dans cette minuscule cour grise et froide. A ne rien vouloir savoir, il s'était perdu en route. A se voiler les yeux, il s'était à jamais privé d'un avenir serein et radieux.

 

Et ce matin, au centre de cette cour, la lumière avait jailli. Plus question de se mentir. Pour la première fois de sa vie, à la veille de son exécution, Alejandro versa une larme à la mère qu'il n'avait jamais eue.

 

Paris, le 17 Avril 2009

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S
J'ai lu ce texte aucunement influencé par le documentaire dont vous parlez Mimi et toi, donc, peut-être ai-je plus de chance du coup, et de ne voir que l'intérêt de l'écrit ici. Vanessa, je trouve toujours tes textes surpenants car on ne sait jamais à quoi s'attendre, et arrivé au bout, on est bon pour une relecture afin de vraiment comprendre pourquoi ce mot là plutôt qu'un autre. Je t'avoue avoir caogité pas mal de temps et ouvert mon Bescherelle pour voir si les accords de temps étaient bons, parce que j'ai encore bien du mal. Mais tout se tient. ça me fait bossé ce qui me fait le plus défaut : la grammaire. Merci
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V
<br /> <br /> Merci du fond du coeur, Sam. C'est un très joli compliment que tu me fais là et ça me donne envie de continuer à aller de l'avant.<br /> <br /> J'avoue, comme tu as pu le remarquer, aimer surprendre mon lecteur mais de façon à ce que rien ne soit jamais fortuit. C'est une chance et un bonheur lorsque j'y parviens et l'envie de<br /> recommencer n'est jamais bien loin.<br /> <br /> Merci encore pour ton attention, Sam. Plein de gros bisous à toi.<br /> <br /> <br /> <br />
M
Bises..............pour ton intelligence................Mimi
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V
<br /> <br /> Merci, mon Mimi pour ces bises que j'accepte et accueille avec enthousiasme ainsi que ce joli compliment qui me fait rougir de confusion.<br /> <br /> <br /> <br />
M
Quelle étrange pensée Vanessa ! investir les derniers instants d'un condamné............j'ai vu que le sieur Vaujour t'avais marquée , si tu savais comme ces hommes savent " rouler dans la farine " les âmes plaigantes ....................j'ai connu un ancien détenu " beau gosse " qui pendant des mois écrivait à une adolescente , puis à son premier parloir de sa majorité , le même détenu grand penseur et moralisateur brandissait la culotte de la pauvre fille.............la vie n'est pas un film Vanessa........elle est dure ,menteuse sâle puisque menée par les hommes......................comment je sais tout celà ? , peu importe .........et puis l'apprendre , du moins mon "job" pourrait m'éloigner de ta pensée............j'en ai peu-être trop dit , mais parfois mon coeur sursaute.............j'ose quitte à me griller......Mimi
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V
<br /> <br /> Je comprends que tu aies fait le rapprochement entre cet écrit et le documentaire dont tu parles. J'en aurai fait tout autant. Peut-être ai-je, en effet, été<br /> influencée d'une façon ou d'une autre mais pour tout te dire, j'avais entamé l'écriture de ce texte bien longtemps avant de voir ce documentaire qui, il est vrai, assez troublant. Il n'en reste<br /> pas moins que je sais faire la part des choses entre l'homme et les actions qu'il a faites et en l'occurence, j'ai d'ailleurs eu une conversation intéressante avec mon père sur le sujet puisque<br /> je lui disais qu'il était difficile malgré tout de ne pas penser à tout le mal qu'il avait pu faire et que sa vie en incarcération n'était certainement pas due au hasard. Merci, en tous les cas,<br /> mon Mimi de veiller sur moi et de tirer la sonnette d'alarme en cas de danger.<br /> <br /> <br /> <br />
M
Une bise de retour de vacance à Nice..................que c'est BEAU.............il faut que je trouve du temps pour te lire............Bises...........Mimi
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V
<br /> <br /> C'est gentil, Mimi. Contente de te retrouver. Qu'as-tu fait de beau dans cette belle région ? Grosses bises,<br /> Mimi.<br /> <br /> <br /> <br />