Par Vanessa

Le vent se lève sur les falaises escarpées
Herbes folles et boutons d’or épars
S’animent et bruissent
Pour les amants infidèles
S’ils pouvaient leur confier
Leurs amours secrètes
S’empresseraient de le faire
Et ce matin les voilà,
Tous deux à leurs destins
Langoureusement enlacés
Elle tend sa main délicate
Il l’attire et l’embrasse
D’une beauté insolente,
Elle se cambre et frémit
Sous les caresses
De son bel adonis
Fougueuse et autoritaire
Elle le retient,
Le titille
Et d’un coup de rein
Exulte dans un long râle
Qui laisse exploser sa jouissance
A bout de souffle, les amants nus,
L’un à côté de l’autre étendus
Expirent à perdre haleine
Le vent caresse leurs corps alanguis
Pas un mot, pas une larme,
Pas un bruit, pas un cri
Plus gracile que jamais
Les paupières closes,
La tête posée
Sur un lit de fleurs
Elle semble endormie
La nature et l’amour
Lui ont tout donné
Rien ne peut
Briser cette harmonie trouvée
Si ce n’est le mouvement brusque
D’un soupirant impétueux
Visage crispé, mine fermée
Il a suffi d’un instant,
Et le voilà comme l’éclair loin d’elle
Il n’est plus le même
Dans son regard d’acier
Elle l’a lu
Il est trop tard
Pour se sauver
D’un calme olympien,
Il se dresse,
Arrache la jeune femme
A sa lasciveté
L’enserre de toutes ses forces
Et la fait basculer
Par-dessus la falaise
La stupeur, la panique
Aucun cri, aucun mot
Et voilà la belle emportée par les flots
Elle demeure à tout jamais
La gardienne de ces lieux
Sur ce lit d’écume
Paris, le 2 Septembre 2008
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