Ainsi nous allons et nous venons
dans les demeures de la nuit
locataires provisoires
hôtes de l'instant
face au ciel
face au vide
Tu es partout
Tu as tout envahi
Tu ne laisses plus rien en-dehors de ta présence
Tu appartiens à la joie comme à la douleur
Tu te tiens sur tous mes chemins : tu ne me les interdis pas : tu me les ouvres
Tu m'investis entièrement
Tu t'es faite allégresse au-delà de la joie, détresse au-delà de la douleur, et même vive joie au coeur ardent de la détresse
Tu t'inscris dans le filigrane de tous mes mots, dasn le souffle de tous mes silences, dans l'éclat de rire de toutes mes délivrances
Tu m'habites
Tu ne m'as pas quitté
Tu ne me quittes pas
Tu es là
Désormais
et je questionne
oui
je ne cesserai pas de questionnner
la terre
d'une voix sèche comme la terre elle-même
qui ne me restitue que réponse de cendres
sous les herbes de mars
Faciles sont mes larmes
(indignes de cet être que nous pleurons)
T'aimer n'est plus me retourner
vers les avenues vaines du souvenir
seul à présent parmi d'autres jours éclatés
mais me nourrir - le dépassant - de ce qui fut
demeure de l'été que j'habite en ton nom
pour que survive
le partage du pain de la lampe et des armes
et qu'encore me guident
ces traces de clarté que tu laisses en moi
Désormais je ne te chercherai plsu nulle part
et je ne te trouverai plus
ailleurs que
partout