
Ma Dinde,
Ma grosse Dinde,
Je te regarde avec amour
Depuis que Maître Poulard
T’a sortie du four
Pour te présenter à moi, seigneur de ces lieux
Installée sur ton lit
De pommes de terre sarladaises
Et de petits légumes du jardin
Tu suintes de tous tes jolis pores
Je t’admire sous toutes les coutures
Et reste coi devant tes cuisses dodues
Je les imagine sous mes quenottes
Et sens déjà le goût de ta juteuse et substantifique moelle
Imprégner mes papilles frétillantes
Je me retiens encore pour ne point te dépouiller
Et retarde ce moment crucial et savoureux
Où ta chair rencontrera la mienne
Révélant mes sens en manque de saveurs
Depuis que mon médecin m’a mis à la diète
Je couve des yeux ta belle charpente
Caresse du regard ta peau exquise, dorée
Et ne puis m’empêcher de saliver de plaisir
Tu as aiguisé mon appétit, ma Dinde
Et ton doux fumet vient de faire voler en éclat mes dernières résistances
Que Dieu me pardonne
Ce pêché de gourmandise
J’arrive, ma Dinde
Et suis prêt à te croquer !
Paris, le 18 Mars 2006