Pattes de velours
Que nenni !
Toutes griffes dehors
Tu me laboures
Mon corps endormi
De la tête aux pieds
Yeux embrumés,
Je me lève péniblement
Et m’emmêle les pinceaux
Cul par-dessus tête
Tu me regardes
Mi agacée
Mi amusée
Et viens me mordiller le lobe des oreilles
Je me relève
Dos endolori par ma chute
Tête fracassée de n’avoir pas assez dormi
Et me dirige vers ton domaine, la cuisine
Tu m’emboîtes le pas
Et me plante tes crocs ardents
Dans mes frêles chevilles
Mais quelle mouche te pique ?
Du calme, ma mignonne
Je sais, ton joli ventre gargouille
Mais un peu de tempérance, je t’en prie
Permets-moi d’ouvrir les quinquets
Laisse-moi reprendre mes esprits
Que j’attrape ta bouteille de lait
Ta préférée, aromatisée à la grenadine
Mais, …
Que se passe-t-il ?
Tu sautes, virevoltes
D’un meuble à l’autre
Dévastant tout sur ton passage
Médusée, je te regarde
Impuissante, je constate
Le résultat de tant d’impatience et de furie
Qu’est devenue ma chatonne ?
Hier, douce et câline
Aujourd’hui, furibonde et insatiable
Le carnage est de taille
La consternation est à son comble
Pourtant, je me tourne vers toi
Et je craque
Non, je ne sévirai pas
Je t’ouvre les bras
Et te couvre de baisers
Paris, le 3 Février 2006