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Alvilda

Encore une nuit … Une de plus à devoir supporter la houle mordante et dévastatrice qui nous ballotte comme de vulgaires balles de foin. Je regarde le ciel et lance des suppliques aux Dieux de la mer. Qu’ils cessent les affres qui m’enchaînent et me font perdre la tête !

 

En plus des flots qui déferlent sur nos misérables têtes, l’air exhale la poudre et c’est à peine si je peux encore respirer. Je tente de garder la bouche au-dessus du bastingage mais je n’ai qu’une peur, celle de me faire trouer la peau sous les feux ennemis. Le bruit est fou, assourdissant, dévastateur. Je me surprends à me pisser dessus. J’ai perdu toute dignité. Seule ma survie compte encore. Je me raccroche à l’espoir fou de revoir, une fois encore, avant de mourir, ma tendre Alvilda.

 

Voilà huit mois que nous sommes séparés. Un soir de Janvier, sous le coup d’une énième querelle, nous sommes partis chacun de notre côté. Alvilda est partie sur un navire scandinave tandis que j’embarquai sur le premier vaisseau anglais. Englués d’orgueil, nous ne souhaitions qu’une seule chose : mettre un maximum de miles entre nous.

 

Mais voilà, aujourd’hui tout a changé. Au crépuscule de ma vie, c’est à elle que je pense. Alvilda, ma bien-aimée. En une fraction de seconde, tout me revient en mémoire : la gourmandise de sa bouche, les coquelicots rouges sang qui perlent comme des rubis sur le bout de ses seins, la fièvre de nos ébats, le bonheur d’aimer, la douceur de sa peau, la chaleur de son haleine, les battements de son cœur, la soif inextinguible de ses baisers, … Ah, Alvilda ! Avons-nous été fous ?! Fous d’amour, fous de rage, fous d’orgueil pour fuir ainsi et se faire tant de mal !

 

Au cœur du bruit et des canons qui rougeoient dans la nuit noire, je pleure sur notre jeunesse perdue et sur notre bêtise aveugle qui nous ont entraînés vers ce funeste destin.

 

L’heure a sonné. Notre vaisseau est à feu et à sang. Je baigne dans la merde et le sang jusqu’où cou tout comme Edmond, notre cochon nain, mascotte de notre vaisseau que je vois agonisant langue pendante entre les lames du bateau. Les hommes du navire hurlent de terreur. La mort rode. Des membres arrachés flottent dans la mer. Ca hurle de partout, ça pue. Le bois de notre beau vaisseau craque sous le feu qui crépite. Tout se délite, ça va exploser !

 

Ma vie de pirate durant tous ces mois d’errance n’existe plus. Nos timbales aux ratas insipides, nos ventres creux, nos souliers troués par les rats grouillants, le conditionnement guerrier ancré en nous, tout cela n’a plus aucune importance. Je ne suis plus rien. La mort va me prendre comme la mer prendra notre beau et flamboyant vaisseau, fierté de la flotte anglaise. Il n’en reste plus rien. Seul réside jusqu’à la mort mon amour infini pour Alvilda.

 

Dans un ultime cri de lucidité et d’effroi, je sens mon corps ainsi que le navire se dérober sous les flots hurlants. Je ferme les yeux très fort. Le temps des regrets est révolu. Je dois accepter l’inacceptable. Je ne lutte plus. Mes jambes et mes bras se font de plus en plus légers. Je ne pèse plus rien. Je ne sens plus rien. C’est la fin. Je le sais. Je le sens. Mon cœur bat encore. Encore quelques secondes. Je la vois. Son regard doux … Son amour … C’est tout cela et bien plus encore que j’emporte avec moi au fond de l’océan. Un trésor, mon trésor … Alvilda.

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M
C'est moi qui te remercie pour cet instant , et pardon pour mon manque d'assiduité vers ce jardin intime ouvert à nos regards virtuels ............Mimi
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M
Bonsoir Vanessa , mais d'où nous sorts-tu ce texte , je devrais dire ce clip tellement la description analyse très bien les scènes . En quelques paragraphes j'ai impression d'avoir lu un petit roman..........................je te l'ai déjà dit Vanessa , il y a un bourgeon littéraire qui sommeille................à quand le printemps ,<br /> Ce personnage a-t-il existé , est-ce son portrait en exergue du texte ?..............en tous cas , ce fut un agréable instant de lecture pour un fainéant comme moi...............................merci............................bises....Mimi
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V
Bonjour Mimi,<br /> Tout d'abord, je te remercie pour tous ces compliments qui me touchent et me flattent. Voilà bien longtemps que je souhaitais prendre un peu de temps pour me recentrer un peu sur l'écriture, écriture dont je me suis malheureusement éloignée faute de temps. Eh oui, les enfants sont chronophages ! Mais, finalement, c'est un peu grâce à mon fils que j'ai repris la plume. Comme beaucoup de petits garçons, il est très friand des pirates et de leurs histoires et c'est donc ainsi que j'ai eu envie de me plonger, le temps de quelques paragraphes, dans cet univers. Voilà l'origine de ce texte ! Puis, c'est en partant d'un prénom que j'ai brodé cette histoire, fruit de mon imagination et de mes émotions. Le portrait que je trouve très beau n'a rien à voir non plus avec le récit mais il me semblait qu'il illustrait parfaitement le propos. Comme je le fais à chaque fois, je me suis glissée dans la peau de ce pirate qui brave la mort et qui dans ces derniers instants pense à la seule chose qui ait compté dans sa vie, sa bien-aimée, Alvilda, l'amour de sa vie.<br /> Mille mercis encore, Mimi pour ta lecture et tes encouragements. J'avoue que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire et que je regrette le fait de ne pas avoir suffisamment la disponibilité physique et intellectuelle pour le faire. J'espère pouvoir y remédier car écrire, inventer des histoires, transcrire des émotions et des sentiments me manque beaucoup.<br /> Des bisous à toi et à très bientôt, mon Cher Mimi.